Jeudi, février 23, 2012

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Entrevue avec Ph. Wolf, inspecteur du primaire

Philippe Wolf, inspecteur du 1er degré, détaché par l’Éducation Nationale auprès du Ministères des Affaires Étrangères et de l’AEFE, couvre depuis Pékin 7 pays de la zone Asie-nord. L’école de Fujimi le reçoit pour sa mission annuelle du 16 au 20 janvier 2012. Les associations de parents d’élèves ont pu le rencontrer pour une courte entrevue, comme c’est coutume. Débat très instructif dans lequel il nous livre ses remarques d’inspection et répond à nos questions.

 

Horaires des langues : l’inspecteur nous rappelle que l’horaire règlementaire des langues en cycle 3 est de 1h30, auxquelles le lycée de Tokyo peut ajouter 2h par dérogation dans le cadre de son programme spécifique, soit au total 3h30 et non pas 4h comme pratiquées actuellement. Il signale d’ailleurs que des modules de 1h sont trop longs pour des élèves de cet âge et préconise le retour aux modules usuels de 45mn.

APE : nous sommes surpris puisque cela fait plusieurs années que 4h de langues sont dispensées au cycle 3 à Tokyo, pourquoi l’inspection met-elle aujourd’hui le doigt sur ce point ?

Informatique : l’inspecteur conseille l’installation de 6 ordinateurs dans chaque classe du primaire (soit 1 pour 4 élèves) plutôt que l’accès à une salle informatique (telle que prévue à Takinogawa) : cet outil doit faire partie du quotidien des élèves, ils doivent se l’approprier. Néanmoins il ne peut l’imposer puisque ceci nécessite un investissement, qui est du ressort des comités de gestion.

APE : tout à fait d’accord, et le coût serait assez faible : par exemple 5000¥/an/élève, en supposant une durée de vie du matériel de 5 ans et un prix initial de 100.000¥.

 

L’inspecteur se réjouit de la baisse du nombre de photocopies à Fujimi, l’écriture manuelle des devoirs à faire par l’élève participant au maintien du geste de l’écrit et à la capacité de prise de notes ; de la mise en œuvre réussie de l’aide personnalisée (« soutien« ) en 4 fois 30 minutes par semaine ; de la remise en ordre suite à la « dérive » des devoirs écrits ; et de la réactivité des équipes avec la mise en place dès cette année de Cerise Prim qui permettra non seulement la consultation électronique des livrets mais aussi l’augmentation de leur périodicité : dès la rentrée 2012 les évaluations seront de 5 par an, contre 3 actuellement, collant ainsi de plus près aux progrès des élèves.

 

M Wolf étant basé à Pékin, où un programme bilingue franco-chinois a été mis en place, nous l’avons interrogé sur l’enseignement du chinois, pour tenter de tirer des parallèles avec l’enseignement du japonais à Tokyo :

  • Comment est appliquée la directive sur les devoirs écrits pour l’enseignement de cette langue ? M Wolf nous répond que la directive est valable (« pas de devoirs écrits au primaire ») mais qu’il n’est pas inspecteur de chinois !
  • Quelle est la clientèle des classes bilingues franco-chinoises ? Ce ne sont pas tellement les enfants franco-chinois mais plutôt les enfants français qui forment ces classes. Il signale que les élèves chinois n’ont pas le droit de s’inscrire au lycée français ; M Deparis rappelle qu’au Japon il en est quasi de même, la dérogation à obtenir pour ne pas s’inscrire en école japonaise étant rarement accordée
  • Il précise que dans ces classes bilingues, on accepte en CP des débutants en chinois et que cette diversité lui semble normale et symétrique avec l’intégration dans le programme classique d’élèves bien peu francophones.

APE : une inspection des classes bilingues franco-chinoises aura lieu sous peu et nous serions intéressés d’en connaitre les résultats.