Mercredi, mai 23, 2012

Site Search

Classes bilingues français-anglais : pourquoi elle doivent rester « filière »

Actuellement les élèves des classes bilingues français-anglais au primaire restent ensemble aussi pour leurs cours en Français, constituant une « filière » séparée. Il existe ainsi typiquement pour chaque niveau trois classes: 2 classiques et une bilingue. Les élèves des 3 classes ne se retrouvent ensemble qu’en récréation ou en cours de Japonais. Les élèves en bilingue restent avec les mêmes camarades de classe tout au long du cursus primaire, d’année en année, sauf départs et arrivées de nouveaux élèves.

Pour effectuer un brassage, dont l’APE-Fapée reconnait le bien fondé a priori, l’autre association, l’AF-fcpe, recommande avec insistance, depuis plusieurs années, de transformer la « filière » en « section » bilingue. Dans le cadre d’une section, les élèves bilingues seraient répartis sur toutes les classes, et se regrouperaient en classe d’anglais les jours de cours en cette langue, comme sur cet exemple:

Organisation en section :

  • 72 élèves (dont 48 classiques et 24 bilingues) répartis également sur 3 classes : chaque classe comporte alors 16 élèves classiques et 8 élèves bilingues
  • les jours de français, les 3 classes fonctionnent chacune en effectifs pleins de 24 élèves
  • les jours d’anglais, les 8 élèves de chacune des 3 classes sont regroupés en une 4ème classe pour l’anglais, pendant que les 3 autres classes fonctionnent chacune à effectifs partiels de 16 élèves

 

Cette proposition AF-fcpe ne tient pas à l’analyse, aussi bien pédagogique qu’économique.

Dans le cursus bilingue, les maths sont effectués tous les jours, en alternance donc entre français et anglais. Les 2 enseignants se coordonnent pour que l’un reprenne là où l’autre s’est arrêté la veille. En filière, système actuel, cela fonctionne bien. En section, cela nécessiterait que les classes soient toutes, chaque jour de l’année, exactement synchrones puisque les maths en anglais seraient effectués par un seul enseignant pour des élèves bilingues issus de toutes les classes où ils auraient été disséminés. Cette synchronisation parfaite et perpétuelle est à l’évidence extrêmement difficile voire impossible à réaliser entre plusieurs classes.

En filière, système actuel, chaque classe occupe une salle et un enseignant. En section, il faudrait une salle supplémentaire pour l’anglais, un jour sur deux. Dans l’exemple ci-dessus, la consommation de ressources passerait ainsi de 3 enseignants et 3 salles, à 3½ enseignants et 3½ salles, soit une hausse colossale de presque 20% des coûts qui bien évidemment se répercuteraient sur les frais de scolarité. Pour éviter cela il faudrait regrouper en 2 classes les 3 classes de français à effectifs partiels les jours d’anglais, ce qui en compliquerait encore la pédagogie, certains élèves se retrouvant alors avec 2 enseignants de français en alternance.

D’autres arguments peuvent être avancés contre les sections: la perturbation des élèves bilingues qui seraient tantôt dans une salle, tantôt dans une autre et devraient partager leur bureau d’anglais avec un autre élève qui l’occuperait les autres jours; la difficulté pour l’enseignant d’anglais de communiquer avec plusieurs enseignants de français au sujet des élèves, alors que le système actuel de filière le fait travailler en binôme avec un seul.